Comprendre la Scène
On peut voir sur cette image
Salomé est une belle jeune fille , son visage est serein et calme.
On vient de lui donner la tête de Jean Baptiste sur un plateau, c'est-à-dire sans qu’elle n’ait rien eu à faire. Attention sur l'image ci-dessus, le bras que l'on voit n'est pas celui de Salomé mais celui de l'homme qui dépose la tête sur le plateau.
Salomé, le nom de la jeune fille n’est pas dans les évangiles, mais donné par l’historien juif Flavius Josèphe. C’est la fille du premier mariage d’Hérodiade et de Philippe, le frère du roi Hérode, elle est donc à la fois la nièce du roi et sa belle-fille.
Jean Batiste a été décapité (ou décollé) à la demande de Salomé mais sur le conseil de sa mère Hérodiade après qu'elle a charmé le roi Hérode par sa danse. Salomé apporte donc ce plateau à sa mère et elle peut tenir la tête par les cheveux pour la lui présenter. La scène est rarement sanguinaire car le visage du mort exprime aussi la sérénité, celle du juste.
... Et sur d'autres images représentant la mort de Jean Baptiste

Décapitation de St Jean Baptiste ;
MEMLING, Hans
1474-79, huile sur bois ; Hôpital St Jean, Bruges Web Gallery of Art
L’exécution ou « décollation » de Jean Baptiste est le centre du récit. Le bourreau le décapite avec une épée ou une hache, à même le sol, de façon plus ou moins réaliste. Puis il prend la tête et la pose sur un plateau qu’il remet à Salomé qui assiste à la scène.
Le banquet est parfois représenté au fond. Le roi Hérode fête son anniversaire avec sa nouvelle femme, Hérodiade, et les membres de sa cour. Il porte une couronne ou un bonnet juif, les vêtements, et le décor sont plus ou moins luxueux. Ils attendent la mort de Jean Baptiste. La danse de Salomé est parfois intégrée à la scène, ou traitée à part, le mouvement est suggéré par des voiles dont la légende fixe le nombre à sept.
Salomé rapporte le plat avec la tête de Jean dans la salle du festin. Cette scène est à rapprocher de celle où Judith tient celle d’Holopherne (voir Judith). Hérode et Hérodiade se couvrent les yeux de dégoût ou, plus perverse, Hérodiade perse la langue de Jean Baptiste avec une aiguille pour manifester sa haine envers ses paroles.
La tête ou « chef » de Jean Baptiste peut aussi être représentée, seule, sur un plateau. C’est un motif courant, un emblème des confréries de Miséricorde.
Connaître le récit biblique
Evangile selon Marc chapitre 6
Jean le Baptiste est un prophète qui demande la conversion des pécheurs. En Galilée il dénonce le roi local,Hérode Antipas, qui a épousé sa belle-sœur Hérodiade. Car Jean disait à Hérode :
"Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère. »
Au cours d’un banquet , Hérodiade introduit sa fille Salomé :
la fille de ladite Hérodiade entra et dansa, et elle plut à Hérode et aux convives. Alors le roi dit à la jeune fille : "Demande-moi ce que tu voudras, je te le donnerai." …Elle sortit et dit à sa mère : "Que vais-je demander ?" - "La tête de Jean le Baptiste", dit celle-ci...
Et aussitôt le roi envoya un garde en lui ordonnant d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla et le décapita dans la prison ; puis il apporta sa tête sur un plat et la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Les disciples de Jean, l'ayant appris, vinrent prendre son cadavre et le mirent dans un tombeau.
Signification
La mort de Jean Baptiste est celle d’un prophète, celui dont la parole dérange les pouvoirs en place. Jean Baptiste étant le « précurseur » de Jésus, cette mort annonce aussi celle du Christ.
Découvrir des prolongements
Jean Baptiste est le prophète maudit et le plus grand saint.
On dit de lui qu’il a « prêché dans le désert » c'est-à-dire pour rien. Mais il est le précurseur, celui qui annonce et reconnaît le Messie, celui qui est présent avec Marie sur les scènes du Jugement dernier (voir Jugement dernier)
Alors que tous les saints qu’ils soient ou non martyrs, sont fêtés le jour de leur mort, Jean Baptiste est le seul dont la fête du 24 juin correspond à sa nativité supposée. Cette fête parfois appelée « Noël d’été » a donné lieu pendant des siècles à des réjouissances autour du « feu de la saint Jean ». Cette tradition reprenait une vieille fête païenne de la lumière, le jour du solstice d'été.
La fête a été récemment laïcisée en « fête de la musique » ce qui est bien naturel puisque c’est un poème latin en l’honneur de Jean Baptiste qui est à l’origine du nom que nous donnons aux notes de la gamme.
Les notes portaient le nom des lettres de l'alphabet de A à G (cette pratique est toujours utilisées par de nombreux pays) , mais Gui d'Arezzo au Xème s. trouva que ce n'était pas facile à chanter. Il prit alors un hymne dédié à St Jean dont la première note de chaque vers correspondait à la note suivante de la gamme. C'est ainsi qu'il fit chanter la note "C" "Ut", puis "D" "Ré" et ainsi de suite.
Utqueant laxis |
ut |
C |
Resonare fibris |
ré |
D |
Miragestorum |
mi |
E |
Famuli tuorum |
fa |
F |
Solve polluti |
sol |
G |
LAbii beatum |
la |
A |
Sancte Johannes |
si |
B |
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Pour que tes serviteurs puissent,avec un coeur détendu, faire entendre les merveilles de tes actes,efface le péché des lèvres souillées,
O saint Jean
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Au XVIIème s. le nom "ut" étant jugé peu harmonieux, le musicien Jean-Baptiste DONI lui substitua la première syllabe de son nom, "do".
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site
Salomé
Elle est devenue une héroïne des artistes de la fin du 19ème siècle qui ont vu en elle le symbole de la jeune beauté perverse, de la femme fatale, voire de la femme vampire.